l'inouï #1
Introduction à FAMA de Furrer
Le travail de Philippe Leroux
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Première audition, écoutes répétées

Nicolas Donin

Si l’arène primordiale de la musique contemporaine est le concert et si son instant décisif est la création (ou Première audition), alors il n’est pas surprenant que soit fréquemment invoqué – au moins comme idée régulatrice – le modèle d’une écoute totale, absolument attentive et non réitérable. Mais tout musicien, de l’auditeur occasionnel au compositeur ou à l’interprète professionnel, sait que les situations dans lesquelles nous accédons aux œuvres sont multiples : les conditions sociales et techniques de l’écoute sont aussi variables que le sont par ailleurs nos raisons et nos manières d’être présents à la musique.

Cela signifie que l’inouï produit par le compositeur peut et doit être à son tour l’occasion, la matière même, de l’inouï qui advient dans l’écoute lorsque celle-ci est pratiquée. Et il n’est pas si rare que la musique contemporaine cherche à articuler explicitement ces deux inouïs ; elle doit alors affronter des contradictions internes – première audition contre réécoutes, musique interprétée contre musique enregistrée, etc. – aux effets en partie imprévisibles. Pour le montrer, nous nous référons en particulier à des textes de Stockhausen, Pousseur, Schoenberg, et à un manuel de 1931 destiné aux amateurs de disques.

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